L’indemnité d’éviction compense le préjudice subi par un locataire commercial dont le bailleur refuse le renouvellement du bail. En Aquitaine, cette question concerne les commerçants des centres-villes de Bordeaux, Bayonne, Pau et des stations balnéaires du littoral, où les emplacements de qualité se disputent âprement. L’expertise immobilière détermine le montant de l’indemnité, qui peut représenter plusieurs années de chiffre d’affaires.
Les composantes de l’indemnité
L’indemnité principale correspond soit à la valeur du fonds de commerce (indemnité de remplacement), soit au trouble commercial subi par le locataire qui peut se réinstaller à proximité (indemnité de déplacement). L’expert évalue le chiffre d’affaires, l’excédent brut d’exploitation et la clientèle attachée au local pour déterminer laquelle des deux approches s’applique.
Les indemnités accessoires couvrent les frais liés au départ :
- Les frais de déménagement et de réinstallation dans un nouveau local
- Le trouble commercial temporaire lié à la perte de clientèle pendant le transfert
- Les frais de double loyer si le locataire doit occuper deux locaux pendant la transition
- Les indemnités de licenciement du personnel si la fermeture entraîne des suppressions d’emploi
Les particularités du marché commercial aquitain
À Bordeaux, les commerces de la rue Sainte-Catherine, de la place des Quinconces et du quartier Saint-Pierre bénéficient d’un flux piétonnier considérable. L’indemnité d’éviction y atteint des montants élevés, car le locataire perdra difficilement l’accès à une clientèle aussi dense. Dans les villes moyennes comme Bergerac, Dax ou Villeneuve-sur-Lot, les montants sont plus modestes mais la méthode de calcul reste identique.
L’expert rédige un rapport qui détaille chaque poste de l’indemnité, les méthodes de calcul retenues et les références utilisées. Ce document sert de base à la négociation amiable entre bailleur et locataire ou, à défaut d’accord, à la décision du tribunal judiciaire compétent.









